Identifier et guérir notre blessure de méfiance

Krishnananda Trobe et Amana Trobe

Bien trop souvent, lorsque la vie nous confronte à des difficultés ou à des défis douloureux, nous nous accrochons à notre peine, devenons amers.
Nous sommes incapables d’en recevoir le message caché et incapables de les utiliser pour «grandir».

Ce livre enseigne une méthode simple et précise pour apprendre à transformer nos déceptions, nos blessures et notre sentiment d’avoir été trahis, particulièrement dans le domaine des relations amoureuses.
Krishnananda et Amana nous livrent leurs expériences tant personnelles que professionnelles sur leur voyage vers l’apprentissage et l’épanouissement de la véritable confiance en la vie et en l’amour.

ISBN 978-2-940095-34-6
224 pages

Acheter sur
Amazon.fr
Fnac.com
Payot.ch

plus d’infos, d’autres extraits sur la page Facebook du livre

Extraits

Son ouverture et sa sensibilité se retirent tout au fond de lui vers un lieu sûr et intouchable.

Nos parents et la société dans laquelle nous avons grandi n’étaient pas assez conscients pour nous donner le soutien aimant, attentionné, sensible, ouvert et valorisant dont nous avions besoin. Même si nos parents étaient bien intentionnés, ils n’ont pas pu faire autrement que de transmettre la honte et la culpabilité qu’ils ont eux-mêmes reçues. Dans l’esprit d’un petit enfant sans défense et vulnérable, la moindre forme d’insensibilité est perçue comme un événement traumatisant. Avec le temps, son ouverture et sa sensibilité se retirent tout au fond de lui vers un lieu sûr et intouchable. Même si nous apprenons à cultiver une personnalité externe ( plus ou moins ) capable d’être en relation et de fonctionner, les couches plus profondes de notre être restent dissimulées et en retrait. Ces strates plus profondes ne sont pas sollicitées jusqu’à ce que nous entrions dans une relation amoureuse, ou que nous créions des liens importants avec des figures d’autorité. Alors, soudain, nous réalisons que nous ne sommes pas ouverts ou que nous sommes facilement blessés.

Mais il est impossible d’accueillir la douleur d’une autre personne avant d’avoir accueilli la nôtre..

Pour que ce processus soit transformateur, nous devons être aptes à accepter complètement la personne qui a subi notre irresponsabilité ou manque de responsabilité, et nous mettre à sa place. Nous devons la prendre dans notre coeur et ressentir ce qu’elle ressent. Mais il est impossible d’accueillir la douleur d’une autre personne avant d’avoir accueilli la nôtre. Et ce parcours commence avec nous-mêmes. Nous envahissons parce que nous avons été envahis, et ressentir la douleur d’avoir été envahis ouvre la voie à une plus grande sensibilité dans nos relations. En accueillant notre propre peine, en la ressentant dans notre corps, nous créons l’espace intérieur pour pouvoir accueillir celle de l’autre. Dans l’exemple de Sandra, la raison pour laquelle elle était aussi peu consciente des autres est simplement parce qu’elle avait peu conscience d’elle même, de sa propre blessure et de sa douleur.

Le geste de guérison pour moi est d’accepter ma frayeur d’enfant quand les choses ne sont pas faites ou sont chaotiques, au lieu de réagir par le contrôle et l’action.

Ma mère (Krish) était forte et possessive. Amana a aussi une personnalité forte et affirmée. Au début de notre relation, avant de travailler ensemble, nous passions souvent du temps au Danemark, son pays d’origine. A l’époque, Amana y travaillait et je venais la rejoindre entre mes ateliers. Je ne m’y sentais pas du tout chez moi. Je ne parlais pas la langue et me sentais abandonné parce qu’elle se sentait tellement chez elle. Un jour, nous nous sommes arrêtés à la station d’essence pour faire le plein et avant de payer, Amana m’a expliqué comment prendre de l’essence. Je ne me sentais déjà pas dans mon assiette car au Danemark, je régresse (cela va beaucoup mieux maintenant) à cause du fait que je ne parle pas le danois. Sur le moment, j’étais convaincu qu’Amana essayait de me contrôler, comme toutes les femmes le faisaient toujours. J’ai réagi avec colère en disant même quelque chose comme « je déteste les femmes qui contrôlent ».
Mais ensuite je me suis mis à rire parce qu’à cet instant, j’ai pu voir très clairement tout ce schéma. Tout d’abord, j’ai compris que j’étais simplement en train de réagir contre ma mère. De plus, j’ai réalisé que les aspects « contrôleurs » d’Amana étaient sa réponse à mon état d’enfant régressé. Amana a eu un père alcoolique qui se comportait comme un enfant irresponsable. Sa réponse était de devenir très solide et très efficace. A chaque fois que je glisse dans un comportement qui lui rappelle celui de son père, sa réaction est d’intervenir et de prendre le contrôle. Ces moments ont été d’excellents rappels pour que je regarde ce qui se passe en moi, au lieu de me perdre aveuglément dans la réaction.
De mon côté (Amana), c’est un continuel apprentissage d’observer lorsque mes doutes se réveillent envers les hommes, envers leur aptitude à gérer les aspects pratiques de la vie, et que je me retrouve à prendre les choses en main et à faire le nécessaire. J’apprends peu à peu à déléguer les nombreux détails dont je m’occupais auparavant, et à lâcher prise lorsque Krish s’en occupe d’une manière différente de la mienne. J’apprécie le fait que nous soyons si différents, et j’arrive mieux à lâcher mon besoin de tout contrôler. Dans cet exemple, le geste de guérison pour Krish est de s’impliquer davantage dans les détails de la vie, au lieu de simplement partir dans ses pensées, ce qui était son mécanisme de survie avec une mère contrôleuse. Le geste de guérison pour moi est d’accepter ma frayeur d’enfant quand les choses ne sont pas faites ou sont chaotiques, au lieu de réagir par le contrôle et l’action.